L’après voyage, ou le début du chemin.

Voilà un peu plus d’un mois que je suis de retour au pays. Le temps pour moi de vous livrer ce que ce voyage à fait germer en moi et ce que ces graines sont susceptibles de donner dans un proche avenir.

Mode de déplacement

Aujourd’hui, je ne me sens plus en accord avec le fait de prendre la voiture tous les jours. La nécessité d’opérer une diminution franche de l’utilisation de la voiture me devient essentielle. Nous vivons en utilisant des technologies chaque jour, bien souvent sans mesurer l’impact qu’ont ces technologies sur notre environnement, notre santé, et même nos économies. Il me semble difficile aujourd’hui d’opérer un changement radical car, comme beaucoup, j’apprécie le confort que me permet d’obtenir la voiture, notamment les distances considérables effectuées en peu de temps, et qui permet de fait, d’avoir un agenda plus remplit, une vie sociale plus riche. La question c’est donc : conscient que l’utilisation de la voiture affecte de manière notoire la vie sur cette planète, que mon corps est beaucoup moins en mouvement quand je privilégie ce véhicule, et que cela me coûte de l’argent, est-ce que je suis prêt à sacrifier des activités, voir moins souvent des personnes qui me sont chères, effectuer moins de séances pour être plus en accord avec moi-même ?

Je n’ai pour le moment pas de réponse, et vous comprendrez qu’un simple oui ou non n’est pas une réponse. Ceci étant, il se profile quand même la mise en place de soins à domicile à vélo sur un ou deux jours par semaine. Il me reste encore à définir le moyen de déplacer ma table de massage, ou même à décider de ne pas en prendre, rien n’est vraiment décidé…

Habitat

Je vis depuis un peu plus d’un an en colocation. Au retour du voyage, sur le mois de septembre j’ai eu le besoin de me retrouver avec moi-même. Temps bénéfique d’intégration du voyage, mêlé à la reprise d’un rythme de vie toujours un peu trop pressant mais que j’ai bien accepté de reprendre. Ce rythme n’est donc pas subit, il est juste ce que j’ai accepté de vivre, en somme, un choix.

En regard des mouvements qu’a vécue la colocation ces derniers temps, la décision commune est d’y mettre fin au mois de décembre. L’opportunité pour moi de trouver un lieu de vie qui me permette d’être plus en accord avec le mode de déplacement que je souhaite favoriser tout en poursuivant mes activités salariée, libérale et bénévole. 

Le choix de vivre seul dans une location l’a emporté pour le moment, mais j’avoue avoir songé sérieusement à de l’itinérance entre différents lieux de vie, mêlant déplacements en voiture, train, et vélo et hébergements chez parents et amis afin de ne pas faire l’impasse sur mes trois activités actuelles. Le besoin de temps pour moi et de stabilité, tranche en faveur de la location.

Pleine conscience et thérapie

Durant le voyage je vous ai fait par de mes lectures sur les enseignements de Tich Nhat Hanh. Sur l’ensemble des lectures, il y a plusieurs passages pendant lesquels Tich Nhat Hanh insiste sur la nécessité d’amener de la pleine conscience, « d’embrasser » avec la pleine conscience : la souffrance, la douleur, ou la maladie. Cette notion m’est restée pendant tout le voyage, et je souhaite sérieusement l’approfondir et l’expérimenter, tant pour moi, personnellement, que l’intégrer dans mes soins pour mes patient·e·s. Difficile de vous donner une idée précise du « comment » cela va se concrétiser, ce n’est pour le moment qu’au stade de la réflexion, mais voici un premier jet :

1. Premièrement tenter de pratiquer en pleine conscience, c’est à dire, être moi-même pleinement présent à mes sensations et au patient durant toute la durée de la séance. Pour cela, j’ai besoin de pratiquer régulièrement la pleine conscience, j’ai donc décidé depuis plusieurs semaines d’intégrer un groupe de pratique sur Montauban. La pratique quotidienne est difficile à mettre en place pour le moment, mais des plages horaires bien calées dans l’agenda devraient y aider.

2. Deuxièmement, inviter le patient à être également en pleine conscience durant la durée de la séance. L’objectif est de rendre le patient actif et plus simplement passif. Mais l’idée est également que la douleur ou le trouble ciblé pour lequel le patient vient me voir, soit éclairé de la pleine conscience du patient. Une manière, peut-être, d’amener de la compréhension, à travers la vision profonde, sur les processus et conditions qui ont menés à l’apparition de cette douleur, ou de ce trouble de santé. La compréhension n’est alors plus quelque chose qui est donné par le thérapeute, mais qui naît de l’expérience propre du patient.

La voie de l’okyu

Si la pleine conscience me semble désormais essentielle pour faire appel à « l’esprit » et plus simplement au corps dans une optique de santé, la moxibustion japonaise elle, est  l’instrument dont je veux savoir parfaitement jouer et qui me met en joie lorsque j’en joue !

Des nombreuses techniques que j’ai appris depuis maintenant 6 années, elle est celle qui me parle et qui m’anime le plus lorsque je la pratique. Je suis donc engagé sur la voie de l’okyu et je compte bien faire profiter à chaque patient·e de ses bienfaits. Dans l’optique de progresser, j’ai choisi de m’engager à continuer de suivre les enseignements auprès de cette belle lignée de pratiquants de moxibustion, appelés « okyuya-san »,  et notamment auprès de Félip Caudet.

Médecine Hygiéniste

Enfin, pour terminer, je vous partage la conclusion du magnifique ouvrage « Traité de Médecine d’Alimentation et d’Hygiène Naturistes » du Dr Paul Carton

Utilisé comme référence pour mon mémoire de fin d’études sur la médecine hygiéniste voilà 5 ans, et jamais lu complètement, aujourd’hui, sa lecture complète me semble indispensable pour revenir aux bases, se recentrer sur l’essentiel et suivre les traces de nos sages ancêtres qui accompagnaient avec justesse et pertinence leur patients, en basant leurs traitements sur les lois naturelles qui dirigent le vivant.

«  La vie humaine est soumise à des lois de constitution et d’évolution qui règlent la conduite des énergies spirituelles, vitales, et matérielles, ainsi que l’orientation des adaptations de l’homme et de ses groupements.

Quand ces lois sont correctement appliquées, l’individu et la collectivité vivent en état de bonne santé et d’harmonie. Le bien-être, la joie et la paix règnent dans l’organisme et dans la société.

Chaque fois que ces lois sont transgressées, un malaise avertisseur et sanctionnateur se produit, qui incite l’individu ou la collectivité à réfléchir et à corriger leur orientation. Si cet avertissement reste incompris ou inécouté, la persistance et l’accumulation des fautes créent des affaiblissements de résistance de l’unité individuelle ou sociale. Alors, se produisent des altérations du terrain organique ou racial qui conduisent à l’éclosion de sanctions et de redressements majeurs, qui s’appellent les maladies individuelles (dyscrasies, infections, dégénérescences) ou fléaux collectifs (famines, épidémies, guerres, révolutions).

Il ne peut exister de conception logique des états de santé et de maladie, si l’on ne s’élève pas jusqu’à ces principes généraux, si l’on ne remonte pas jusqu’à ces toutes premières causes de détermination.

On conçoit alors aisément que l’oeuvre médicale qui se contente de rechercher et de traiter les causes toutes dernières des maladies, et dans l’ordre matériel seulement (froid, humidité, microbes, organopathies antérieures etc.), n’aboutissent qu’à l’instauration de mesures thérapeutiques bornées, fausses et inefficace, parce qu’elles combattent des influences uniquement prédisposantes et fort peu déterminantes, et parce qu’elles cherchent enfin à obtenir surtout des immunités artificielles, au lieu de créer des renforcements des immunités naturelles.

Il ne saurait donc exister de médecine logique et utile, répétons-le, sans connaissance de ces causes lointaines, mais réelles, de la santé et de la maladie.

Une tradition médicale existe, fondée sur l’oeuvre d’Hippocrate, qui s’est toujours attaché à étudier et à traiter l’homme selon ses nécessités d’ordre universel et naturel. De nos jours, il faut, pour rénover l’art médical et pour sortir la médecine de l’ornière matérialiste, reprendre les enseignements des générations passées, les joindre aux découvertes scientifiques et empiriques modernes, de façon à les accorder et à les synthétiser sous cette même idée directrice d’obéissance aux lois divines et naturelles. Alors, seulement, la médecine pourra être rénovée et reprendre son rôle salutaire, parce qu’elle possèdera un programme de vie saine et une méthode de thérapeutique sensée, parce qu’elle offrira aux hommes une compréhension plus exacte et meilleure de leurs devoirs et de leur destinée et enfin parce qu’elle procurera aussi plus de santé et de bonheur.

Si cette orientation naturiste pouvait s’accomplir, on serait délivré du règne des théoriciens et des rhéteurs, on verrait la fin des fléaux dominants de l’alcoolisme et de l’irréligion et on serait débarassé de la médecine purement pharmaceutique et symptomatique. Puisse le Ciel nous aider à faire suivre cette voie droite et à répandre plus de vérité, afin que l’humanité cesse de se martyriser de souffrances incessantes et se dirige enfin vers un avenir de lumière, de vigueur et de bonté ! » Dr Paul Carton 

 

Le chemin continue, à vélo, en pleine conscience, en pratiquant la moxibustion japonaise, dans une démarche hygiéniste.

Un beau programme !

Gaëtan

DU 27 AU 30 AOÛT – ARRIVÉE

27 et 28 août

La journée du 27 est consacrée au repos. Je reprends la route le lendemain en direction de la gare Matabiau où je vais retrouver Yves. Nous filons ensuite direction Castelnau-d’estrétefonds où nous héberge Véronique, une amie et collègue de formation.

Ce sont maintenant de toutes petites étapes qui m’attendent, j’ai fixé ma date d’arrivée au 30 août et il me faut donc avancer par petits bouts pour ne pas être en avance. C’est bienvenu car cela me laisse le temps d’atterrir progressivement, intégrer, assimiler, digérer les deux mois qui viennent de s’écouler. J’appréhende un peu le changement de rythme, même si j’ai pleine confiance en ma capacité d’adaptation.

29/08/18

Après une bonne nuit, direction Montech où je planterai la tente pour une dernière fois. Les jambes démangent un peu en fin d’après-midi, besoin de bouger. Je propose à Yves d’aller faire un tour sur le canal. Finalement le tour se prolonge et nous irons jusqu’au port canal de Montauban et ferons demi-tour, de quoi ouvrir un peu l’appétit et faire du repérage pour le lendemain. Les ressentis sont très ambivalents ce soir, de la joie, de la nostalgie…j’attends de voir demain ce que ça va donner !

30/08/18

Le levé de soleil est magnifique, je prends le temps d’observer ce beau spectacle de la nature avant de me lancer dans le rituel matinal. Pliage du duvet, du matelas gonflable, de la tente…des gestes bien ancrés désormais. Les 11 km entre Montech et Montauban sont bien vites passés et me voilà en avance au port canal autour de 9h30. Le temps d’enlever la veste et voilà le capitaine du port qui s’approche pour s’assurer que c’est bien moi, ce cycliste qui revient d’un tour de France. Affirmatif !

Peu de temps après je suis rejoins par la famille, quelques bénévoles du centre ressource, et enfin la correspondante locale de la dépêche.

Avant le dernier trajet jusqu’à Caussade, direction un figuier pour faire le plein de bon sucre !

Arrivée à la maison vers 14h30, une dernière photo pour enregistrer le total des kilomètres, c’est donc un peu plus de 3000 km qui auront été effectués, 3085km précisément, bien plus que mon prévisionnel.

 

La boucle est désormais bouclée, avec le sentiment cependant que le voyage intérieur, la pratique de la moxibustion et les déplacements à vélo, ne font véritablement que commencer !

Remerciements

Je profite de cet article pour remercier l’ensemble des personnes qui m’ont hébergées :

Julie, Maïté, Suzanne, Marie, Marie-Laure, Muriel, Françoise, Thierry, Marie, Daniel et Marie, Nelly, Josette, Chantal et Frédéric, Julie, Evelyne, Hugo et Nina, Charlotte et enfin Véronique, sans oublier toute la famille !

Je remercie de nouveau les sponsors qui m’ont apporté un grand soutien :

Okyu France, représenté par Félip Caudet, directeur des écoles de moxibustion Japonaise à Toulouse et Barcelone

Les laboratoires Herbolistique, basés à La Verrie, je remercie en particulier M. Lechevin le directeur

Le centre ressource Lafrançaise Occitanie, association qui accompagne les personnes atteintes de cancer ainsi que leur proches

Vert Nature, production d’armoise et de moxas Français basée à Teyran

 

Enfin un grand merci également à Yves, dont la présence à mes côtés les premiers jours du départ et les derniers jours avant l’arrivée, a grandement facilité chacune de ces grandes transitions.

 

Pour les projets à venir, il va falloir que tout ça mûrisse, mais la combinaison moxibustion + vélo devrait être au rendez-vous.

 

Okyu et santé !

DU 25 AU 26 AOÛT

25/08/18

Premier incident mécanique du voyage ! Il en fallait un, et il est plutôt bien tombé puisque je n’étais pas encore parti de chez Hugo et Nina. Le câble de dérailleur arrière a cassé lorsque je finissais le réglage des vitesses. À trois nous réussissons à changer le câble, voilà une autre opération mécanique que je saurai faire !

Je suis accompagné par Yves et Hugo pour une bonne partie de l’étape d’aujourd’hui, on en profite pour manger un bout et on appui un peu plus sur les pédales après le repas.

Me voilà arrivé en haute garonne, ça sent le retour au pays, l’aventure est derrière, joyeuse, riche, improbable parfois, et devant le plaisir de retrouver bientôt le quercy, les amis, la famille, le bénévolat et continuer un peu plus sur le chemin encore long de la moxibustion.

Hugo nous quittera aux alentours de Villefranche de Lauraguais et Yves à Castanet Tolosan. C’est des souvenirs qui me reviennent quand j’emprunte la partie du canal au niveau de Castanet, je l’ai emprunté régulièrement en 2016 et 2017 lorsque je venais proposer des séances à Castanet, période ou train et vélo signifiaient trajet travail le mercredi avec le sac sur le dos, rempli d’armoise.

La partie du trajet jusqu’à Villeneuve Tolosane grimpe bien au départ, je retrouve le rythme régulier des montées.

Ce soir je suis hébergé chez Charlotte, une amie amoureuse du Japon, minimaliste à souhait, et grande consommatrice de maïs !

Arrêt pour deux jours avant de reprendre la route.

26/08/18

Je rencontre dans la journée Stéphane et sa compagne qui vivent en Ariège, ils ont fait le chemin pour me rencontrer. Stéphane pratique le shiatsu et s’intéresse à la moxibustion japonaise. Mais lui et sa compagne sont aussi des cyclovoyageu.r.se en devenir ! Nous parlons vélo, sacoches, moxibustion, méditation, poly activité…un très bon moment et deux superbes rencontres.

Okyu et santé !

DU 23 AU 24 AOÛT

23/08/18

Aujourd’hui je poursuis avec une séance supplémentaire sur Evelyne pour cibler les douleurs de l’épaule et des lombaires. À midi je mange pour la première fois du Miam Ô Fruit, ce mélange de fruits, associé à des graines de lin, de sésame et de l’huile de Colza, du citron, développé par France Guillain. Devant la portion je me dis que je n’aurai pas de mal à manger tout ça, mais après la dernière bouchée je me sens vraiment rassasié, pas besoin de manger autre chose.

L’après-midi je donne une présentation de la vision hygiéniste de la maladie à un petit groupe de personnes invitées par Evelyne. C’est plutôt informel et très plaisant d’être dans l’échange. On poursuit par une courte démonstration en moxibustion puis le repas partagé.

24/08/18

Evelyne m’accompagne sur les premiers kilomètres du canal du midi jusqu’à ce que l’appel du glanage l’attire vers de merveilleux figuiers de l’autre côté du canal. Au moment de se quitter je me sens relié. J’emporte avec moi la richesse, la sincérité et la simplicité de nos partages.

Petit à petit, au fil du voyage, j’emporte avec moi une partie de chaque personne que je rencontre. C’est bien du monde qui m’accompagne désormais à chaque coup de pédale !

Après une trentaine de kilomètres sur une portion de canal difficile (la qualité de la route jusqu’à Bram n’est pas très bonne) je retrouve le plaisir de rouler sur du bitume. L’arrivée à Castelnaudary tôt dans l’après-midi me permet de faire un tour dans la ville qui se prépare pour la fête du cassoulet de ce weekend.

Je me dirige ensuite chez Hugo et Nina qui m’hébergent ce soir. Ils font parti du réseau warmshower, une communauté de cyclovoyageuses et cyclovoyageurs du monde entier qui s’hébergent à tour de rôle, trouver un hébergement lorsqu’on voyage et proposer son habitation, pour que le voyage vienne à nous en même temps que les voyageurs 😉

Nous serons rejoint peu de temps après par Yves, qui m’avait accompagné les premiers jours du périple. Nous ferons une portion de route ensemble le lendemain ainsi que les derniers jours.

Un repas partagé, des projets de voyages annoncés, de l’armoise consumée…

Que demander de plus ?

DU 21 AU 22 AOÛT

21/08/18

Castries -> Maureilhan

Grosse étape pour aujourd’hui avec 117 km. J’appréhendais la journée, mais au final c’est 70km que j’aurais avalé d’une traite avant le premier repas de la journée autour de 13h. Les km restant de l’après-midi je vais moins vite mais j’arrive à destination sans douleurs ou tensions dans les jambes, ça tourne vraiment bien.

Je poursuis mon jeûne intermittent en ne mangeant que deux repas par jour depuis mon départ d’Aix en Provence.

Le soir je suis accueilli par Julie, son compagnon et sa belle-mère. Après une bonne douche ce sera direction l’orb (rivière locale) pour se rafraîchir et pique-niquer, puis au retour, un peu de moxibustion.

22/08/18

Maureilhan -> Carcassonne

L’évènement inattendu de la journée : une invitation à déjeuner chez un cycliste près de Aigue Vive.

Dominique m’aperçoit une première fois arrêté sur le bord de la route, il me lance : « besoin d’aide ? »

« Non tout va bien, je cueille des figues ! » Je lui réponds et il continu sa route. Au passage, les figues étaient pleines de vers, je ne m’en suis aperçus qu’après 4 ou 5 de consommées. Un peu de protéines…

Quelques kilomètres plus loin je suis rattrapé par Dominique, on commence à discuter, de Tour de France, de sacoches, puis à quelques kilomètres de Aigue vive il me lance : « venez donc manger chez moi, je vous invite » me voilà donc parti dans les vignobles pour déjeuner et découvrir un peu plus Dominique. Pendant le repas je comprends que c’est une grande joie pour lui de recevoir, il fait parti, comme beaucoup dans les campagnes, de ces personnes isolées socialement. L’écoute aidant, il se livre et peut-être aussi, se délivre-t-il…beaucoup de souffrances, une famille désunie, ça me rappelle beaucoup d’autres personnes, loin d’être un cas isolé, les maux des êtres sont souvent similaires… je m’en vais une heure plus tard, avec le sentiment qu’aujourd’hui pour Dominique, c’est vraiment le coeur qui avait besoin de chaleur.

L’après-midi je file sur Carcassonne en contournant la ville par le Nord-est, j’arrive chez Évelyne qui a eu connaissance de mon projet via le réseau d’échange de services Jardin d’échange Universel ou JEU.

Après un tour au lac, une séance de moxibustion et un bon repas, nos échanges, dans l’authenticité, nous amènent à tour de rôle dans une belle écoute comme deux vieux amis, en toute simplicité…

Okyu et santé

DU 18 AU 20 AOÛT

18/08/18

Aix en provence – > Arles

La pause famille se termine. La semaine qui vient s’annonce riche en rencontres. Cette journée sera probablement la seule qu’il me reste ou je ne serai pas hebergé le soir. Finalement, le défi d’aller à l’improviste solliciter l’habitant n’aura pas été relevé.

19/08/18

Arles – > Lunel

À la sortie de Arles je suis rejoins par un cycliste qui m’accompagnera jusqu’a Saint gilles, natif du pays, il me parle de cette belle région, de ses 300 jours d’ensoleillement par an et du vent qu’on apprend à apprécier avec le temps.

Je suis en plein dans les rizières de camargues. J’aperçois dans un croisement un joli figuier bien rempli, la pause repas c’est pour plus tard, mais quelques figues bien mûres qui se présentent comme ça ça ne refuse pas !

Le soir je retrouve Marie et Daniel qui m’avaient accueillis à Luzy fin juillet chez leur amie Josette de Lunel. Après une bonne sieste les moxas chauffent pour soulager le mal de dos chronique de Josette. Bon soulagement. La canne dont elle se servait pour marcher reste dans un coin de la cuisine après la séance !

S’il y a bien une qualité qui caractérise Daniel et Marie c’est la générosité. Le repas du soir est on ne peut plus fournit et j’aurai bien du mal à faire honneur à tous les plats !

20/08/18

Lunel – > Castries

C’est une petite étape aujourd’hui, à peine 20 km. Le programme de la journée c’est la rencontre de Chantal et Frédéric qui sont producteu.r.ice d’armoise et la visite de la production vert nature.

J’ai la grande joie de découvrir les différentes étapes de la fabrication du moxa de mes propres yeux. Cette matière que je manipule à chacune de mes séances demande beaucoup de travail avant de devenir un produit finit de qualité et utilisable.

Je suis surpris lorsque Chantal m’explique que l’armoise n’est pas cultivée, mais uniquement récoltée. Leur production se base uniquement sur ce que la nature leur offre, ils n’arrosent pas, ne plantent pas, mais récoltent avec intelligence et finesse afin d’éviter la surconsommation et de garantir une récolte pour l’année suivante.

Je n’aurai pas rencontré Frédéric finalement, mais je compte bien venir à la récolte d’armoise l’année prochaine, l’occasion d’une rencontre, de toucher l’armoise avant transformation, et sentir son odeur et son énergie.

Cette production est l’oeuvre de passionnés, comme je le suis dans ma pratique de la moxibustion. J’ai à coeur de soutenir leur travail à mon retour en me fournissant en grande partir chez eux. Un produit fait avec passion et utilisé avec passion pour apporter une juste chaleur curative au corps au coeur.

Un grand merci à Marie et Daniel pour les photos de qualité !

Okyu et santé

DU 15 AU 17 AOÛT

Après quelques jours de découverte de la région et d’un peu d’escalade en famille,

L’armoise a repris du service pour un traitement d’hémorroïdes. Les traitements de Fukaya à l’aide d’une corde (josetsu-ho) permettent de trouver un point réactif.

Après 17 cônes sur ce point on passe au traitement d’autres points, dont le RTE6 qui revient souvent dans les traitements de moxibustion.

Dans la catégorie du feu, le feu d’artifice de l’étang de Berre nous en aura fait voir de près, deux ou 3 feux qui frôlent le public en partant dans sa direction, immersion et souvenirs garantis !

Ces cinq jours à Aix en Provence seront passés bien vite.

Okyu et santé !

DU 13 AU 14 AOÛT

13/08/18

Trajet en trains, 5 trains pour rallier Strasbourg à Marseille, une journée plus éprouvante qu’il n’y paraît avec un départ à 5h50, une arrivée à 17h00 et le stress de deux changements rapides 6 minutes à Mulhouse, 10 minutes à Belfort, on enfile les 4 sacoches en bandoulières et le vélo sur l’épaule :

Strasbourg -> Mulhouse

Mulhouse -> Belfort

Belfort -> Lyon

Lyon -> Avignon

Avignon – > Marseille

Durant ce trajet je rencontre deux couples de cylo-voyageu.r.ses. Entre échanges sur nos périples respectifs, nos billets sont vérifiés par un contrôleur bien sympathique. Je parle moxa puis pratique dans la cabine pour des tensions cervicales.

Pratiquer la moxibustion dans un train c’est une première, mais cela ne s’arrêtera pas là puisque le contrôleur aussi recevra du moxa, séance de 15 minutes entre deux gares, son fils est passionné par le Japon, raison de plus pour se laisser tenter. Il a déjà entendu parlé de la moxibustion avec les cigares, mais ne connaissait pas les cônes de grain de riz. Pas de photos malheureusement, question de confidentialité, on est pas sensé se faire traiter dans le train quand on est contrôleur !

Je ferai également découvrir la moxibustion à un voyageur durant mon dernier trajet en train d’Avignon à Marseille.

On m’avait proposé de finir à Aix en Provence par un trajet en bus, mais mettre le vélo dans la soute ne m’enchantait pas trop, j’ai préféré finir à vélo. C’est donc à 19h30 que j’arrive chez ma soeur en ayant traversé une grande partie de la France.

14/08/18

Passage par le premier centre Ressource de France, à Aix en Provence. Dommage qu’il soit fermé en août, ce sera l’occasion de revenir ! Cette journée c’est aussi l’occasion de revoir Laurence, une amie, collègue bénévole de l’association ETW dans laquelle j’ai été actif pour la création et la coordination d’une formation à l’accompagnement fin de vie de 2015 à 2017. Quel plaisir ces moments simples de partages et de retrouvailles.

J’ai pris du retard dans les publications, je vais tenter de rattraper ça ! J’en profite pour deux annonces.

Conférence du 26 août à Toulouse

J’ai eu peu de réponses au sondage pour la conférence à Toulouse, je pense donc la reporter à une date ultérieure aux vacances, probablement en octobre, afin que plus de personnes puissent y assister, entre vacances et rentrée, la fin août n’est pas très propice.

Arrivée officielle à Montauban

La date est fixée, je suis de retour au pays le jeudi 30 août à Montauban port canal en fin de matinée 😉

Okyu et santé !

DU 6 AU 9 AOÛT

06/08/18

Beaume aux dames -> Belfort avec un passage par Montbéliard

Si l’on me demandait jusqu’à présent quelle à été la région que j’ai préféré, je dirais que cette étape d’aujourd’hui est celle qui m’a fait traverser les paysages que j’affectionne le plus, de grands cours d’eau enclavés dans une vallée, c’est là un vrai cadeau.

Je suis de plus en plus présent à ma respiration, la pratique du vélo devient une méditation en action qui s’ancre avec les kilomètres.

La pleine conscience de l’effort physique entraîne une régularité de l’inspiration et de l’expiration et une cadence de pédalage plus régulière que jamais.

07/08/18

Belfort -> Cernay

Je sors à nouveau de l’itinéraire de l’eurovélo 6. Les vosges à proximité j’ai tracé sur une carte mon parcours pour aller grimper un peu. Au début de la matinée mon tracé m’amène dans la forêt, peu à peu la route devient caillouteuse et s’avère traverser une zone militaire. Le panneau rouge « danger de mort » zone de tirs me fera rebrousser chemin. Après un détour pour récupérer une autre route, j’arrive à Masevaux Niederbruck. Magnifique village à l’entrée du haut Rhin. Je décide de tester les jambes l’après-midi et part en direction de Bitschwiller-les-Thann puis Cernay mon point d’arrivé. Je pars sans attentes et je ne sais pas si je pourrai ou non arriver en haut du Col du Hundsbruck. Pendant l’ascension les tensions dans les mollets se réveillent mais les jambes continuent de tourner, je me fais doubler par un cycliste sur route qui doit me prendre pour un fou avec mes cinq sacoches, je lance un bonjour mais je n’aurai pas de retour. Il faut croire que les salutations ça reste dans la vallée ente cyclo voyageurs… ou alors il s’économise pour les pourcentages un peu plus fort ! Après une bonne ascension à jouer avec mes trois dernières vitesses j’arrive en haut, tout fier d’avoir gravit ce col.

08/08/18

Cernay – > Bergheim

Je récupère la voie de l’euro vélo 6 et décide de suivre la route des vins. Entre les vignes la route est bien jolie et variée. Le soir je ferai la rencontre de deux couples de camping-caristes bretons à qui j’expose mon projet de tour de France à vélo. L’armoise aura chauffée un peu aussi, deux cas pratiques qui tombaient à pic pour une démonstration !

09/08/18

Bergheim – > Strasbourg -> Erstein

J’ai été réveillé dans la nuit par un peu de pluie. Une sacoche ouverte que je m’empresse de refermer et j’aurai évité à mon armoise un excès d’humidité. En 39 jours c’est seulement le troisième épisode de pluie que j’aurai eu ! Le matin je prends mon temps et profite du soleil pour faire sécher les affaires. Pendant le rituel du rangement une idée lumineuse me vient en tête pour gagner de la place et supprimer une sacoche, et si j’essayais de placer le mat télescopique de la tente sur le tube horizontal de mon vélo ? Un peu de scotch, puis je me sers des bandes velcro de la petite sacoche du tube pour maintenir le tout et voilà qui me permettra de me séparer d’une sacoche avant mon trajet en train. En effet, en optimisant mes 4 sacoches principales, en me séparant d’une sous sacoche étanche et du système de portage de ortlieb en sac a dos, je peux désormais me séparer de la sacoche qui était en travers du porte bagage arrière. Gagner de la place, du volume et du poids devient un vrai objectif, et quel plaisir de pouvoir me séparer du superflu à chaque halte famille pour plus de légèreté et de liberté !

Pendant le trajet jusqu’à strasbourg j’essuis quelques bourrasques de vent et de pluie. Après quelques temps sous un pont pour laisser passer le plus gros, je peux reprendre la route par le canal en esquivant les branches de platanes qui n’ont pas résistées.

Je rêve d’optimiser la fixation du mat en trouvant une bande velcro supplémentaire pour avoir à m’éviter de scotcher le mat à chaque fois que je replis la tente. Je trouve mon bonheur chez cyclable strasbourg et voilà le résultat :

Je passe enfin à la gare pour acheter mes billets. Ce sera finalement 5 Trains régionaux que je prendrai lundi prochain pour rallier Strasbourg à Marseille. Le reste du trajet jusqu’à Aix en Provence se fera à vélo.

Le camping de Strasbourg s’avérait complet ce soir, j’ai donc filé sur Erstein pour une dernière nuit en camping avant un séjour en famille en Alsace puis un autre à Aix.

Reprise du vélo le 18 août.

Okyu et santé

DU 2 AU 5 AOÛT

02/08/18

Moxibustion à Paray le Monial

À ce jour la journée avec le plus grand nombre de séances : 5 au total. Du stress, des douleurs aux épaules, une libération du diaphragme, troubles digestifs et hépatiques.

La journée a commencée par une interview avec le correspondant local du journal, je remercie sincèrement Nelly d’avoir contacté le journal et d’avoir fait venir tant de monde pour les séances ! Vous pouvez voir l’article ci-après.

Je garde un souvenir d’une ville magnifique sur le plan architectural, bien que je n’ai pas pris le temps de la visiter vraiment.

J’ai eu grand plaisir à être entouré des enfants de Nelly, l’émerveillement dans les yeux, la grande curiosité, ils m’auront même permis de retomber en enfance en jouant avec eux à la pâte à modeler. Ça fait du bien parfois, de retrouver l’enfant en soi.

03/08/18

Paray le monial -> Sassenay

La plus longue des journées depuis le mois dernier, 120 km, dont une bonne soixantaine accompagné de Daniel, un cyclo voyageur Suisse parti d’Espagne et rejoignant Bâle. Nous allons dans la même direction, on en profite donc pour échanger en Anglais, ça dérouille les connaissances et c’est stimulant de parler une autre langue. J’ai souvent envi d’en dire plus, mais le manque de vocabulaire me contraint malheureusement, j’ai plus de souffle pour pédaler vous me direz ! Quelques kilomètes avant de se séparer Daniel me montre son Gps, qui donne aussi la température, c’est 40 degrés qui s’affichent ! Je n’aurai pas cru la température si élevée. Quand j’y réfléchis, j’aurais quand même bu 4 bidons d’eau et une bouteille de jus de fruit à la fin de la journée. Le soir je rencontre et échange avec deux cyclo voyageuses Allemandes, mais en Anglais !

J’aurai rencontré plus de cyclo étranger-e-s que Français aujourd’hui.

04/08/18 ET 05/08/18

Sassenay -> Dole le 4 août puis Dole -> Beaume les dames le 5 août

Les deux jours qui suivent j’en profite pour avancer un maximum vers l’alsace, j’ai hâte de voir les vosges, et pourquoi pas tenter de grimper un col. J’ai un avant goût des montagnes avec les paysages qui se profilent vers Besançon et Montbéliard, cela commence à devenir un peu plus valloné.

La solitude durant les deux jours qui suivent me fait du bien, cela permet de me recentrer.

Mes échanges au fil du voyage me font constater que les patients qui suivent des traitements lourds sont déçus du manque d’analyse et de recherche pour trouver un traitement efficace. Le constat actuel c’est que la médecine classique rencontre des limites avec ses traitements conventionnels. Limites que les thérapies complémentaires peuvent étendre dans certaines situations, tant qu’il s’agit d’actions de soulagement et de soutien global de l’organisme.

Mais le fond et le coeur du traitement ne pourront être atteint tant que nous nous obstinerons à aller contre la maladie. Le paradigme de la répression, de la suppression, de l’élimination de la maladie ou des tentatives d’expression du corps que sont les symptômes ne mènent qu’à des rémissions temporaires.

Parce que nous n’avons pas la sagesse de nous arrêter de vivre un rythme frénétique, de changer nos habitudes, nous faisons appel a des médications qu’elles soient conventionnelles ou complémentaires, dans le but de poursuivre le même mode et le même rythme de vie.

Prendre le temps d’observer la nature et son fonctionnement, puis tenter d’agir en accord avec les lois qui la gouverne, voilà un chemin vers la sagesse et la santé. Sommes nous décidés à l’emprunter…