L’après voyage, ou le début du chemin.

Voilà un peu plus d’un mois que je suis de retour au pays. Le temps pour moi de vous livrer ce que ce voyage à fait germer en moi et ce que ces graines sont susceptibles de donner dans un proche avenir.

Mode de déplacement

Aujourd’hui, je ne me sens plus en accord avec le fait de prendre la voiture tous les jours. La nécessité d’opérer une diminution franche de l’utilisation de la voiture me devient essentielle. Nous vivons en utilisant des technologies chaque jour, bien souvent sans mesurer l’impact qu’ont ces technologies sur notre environnement, notre santé, et même nos économies. Il me semble difficile aujourd’hui d’opérer un changement radical car, comme beaucoup, j’apprécie le confort que me permet d’obtenir la voiture, notamment les distances considérables effectuées en peu de temps, et qui permet de fait, d’avoir un agenda plus remplit, une vie sociale plus riche. La question c’est donc : conscient que l’utilisation de la voiture affecte de manière notoire la vie sur cette planète, que mon corps est beaucoup moins en mouvement quand je privilégie ce véhicule, et que cela me coûte de l’argent, est-ce que je suis prêt à sacrifier des activités, voir moins souvent des personnes qui me sont chères, effectuer moins de séances pour être plus en accord avec moi-même ?

Je n’ai pour le moment pas de réponse, et vous comprendrez qu’un simple oui ou non n’est pas une réponse. Ceci étant, il se profile quand même la mise en place de soins à domicile à vélo sur un ou deux jours par semaine. Il me reste encore à définir le moyen de déplacer ma table de massage, ou même à décider de ne pas en prendre, rien n’est vraiment décidé…

Habitat

Je vis depuis un peu plus d’un an en colocation. Au retour du voyage, sur le mois de septembre j’ai eu le besoin de me retrouver avec moi-même. Temps bénéfique d’intégration du voyage, mêlé à la reprise d’un rythme de vie toujours un peu trop pressant mais que j’ai bien accepté de reprendre. Ce rythme n’est donc pas subit, il est juste ce que j’ai accepté de vivre, en somme, un choix.

En regard des mouvements qu’a vécue la colocation ces derniers temps, la décision commune est d’y mettre fin au mois de décembre. L’opportunité pour moi de trouver un lieu de vie qui me permette d’être plus en accord avec le mode de déplacement que je souhaite favoriser tout en poursuivant mes activités salariée, libérale et bénévole. 

Le choix de vivre seul dans une location l’a emporté pour le moment, mais j’avoue avoir songé sérieusement à de l’itinérance entre différents lieux de vie, mêlant déplacements en voiture, train, et vélo et hébergements chez parents et amis afin de ne pas faire l’impasse sur mes trois activités actuelles. Le besoin de temps pour moi et de stabilité, tranche en faveur de la location.

Pleine conscience et thérapie

Durant le voyage je vous ai fait par de mes lectures sur les enseignements de Tich Nhat Hanh. Sur l’ensemble des lectures, il y a plusieurs passages pendant lesquels Tich Nhat Hanh insiste sur la nécessité d’amener de la pleine conscience, « d’embrasser » avec la pleine conscience : la souffrance, la douleur, ou la maladie. Cette notion m’est restée pendant tout le voyage, et je souhaite sérieusement l’approfondir et l’expérimenter, tant pour moi, personnellement, que l’intégrer dans mes soins pour mes patient·e·s. Difficile de vous donner une idée précise du « comment » cela va se concrétiser, ce n’est pour le moment qu’au stade de la réflexion, mais voici un premier jet :

1. Premièrement tenter de pratiquer en pleine conscience, c’est à dire, être moi-même pleinement présent à mes sensations et au patient durant toute la durée de la séance. Pour cela, j’ai besoin de pratiquer régulièrement la pleine conscience, j’ai donc décidé depuis plusieurs semaines d’intégrer un groupe de pratique sur Montauban. La pratique quotidienne est difficile à mettre en place pour le moment, mais des plages horaires bien calées dans l’agenda devraient y aider.

2. Deuxièmement, inviter le patient à être également en pleine conscience durant la durée de la séance. L’objectif est de rendre le patient actif et plus simplement passif. Mais l’idée est également que la douleur ou le trouble ciblé pour lequel le patient vient me voir, soit éclairé de la pleine conscience du patient. Une manière, peut-être, d’amener de la compréhension, à travers la vision profonde, sur les processus et conditions qui ont menés à l’apparition de cette douleur, ou de ce trouble de santé. La compréhension n’est alors plus quelque chose qui est donné par le thérapeute, mais qui naît de l’expérience propre du patient.

La voie de l’okyu

Si la pleine conscience me semble désormais essentielle pour faire appel à « l’esprit » et plus simplement au corps dans une optique de santé, la moxibustion japonaise elle, est  l’instrument dont je veux savoir parfaitement jouer et qui me met en joie lorsque j’en joue !

Des nombreuses techniques que j’ai appris depuis maintenant 6 années, elle est celle qui me parle et qui m’anime le plus lorsque je la pratique. Je suis donc engagé sur la voie de l’okyu et je compte bien faire profiter à chaque patient·e de ses bienfaits. Dans l’optique de progresser, j’ai choisi de m’engager à continuer de suivre les enseignements auprès de cette belle lignée de pratiquants de moxibustion, appelés « okyuya-san »,  et notamment auprès de Félip Caudet.

Médecine Hygiéniste

Enfin, pour terminer, je vous partage la conclusion du magnifique ouvrage « Traité de Médecine d’Alimentation et d’Hygiène Naturistes » du Dr Paul Carton

Utilisé comme référence pour mon mémoire de fin d’études sur la médecine hygiéniste voilà 5 ans, et jamais lu complètement, aujourd’hui, sa lecture complète me semble indispensable pour revenir aux bases, se recentrer sur l’essentiel et suivre les traces de nos sages ancêtres qui accompagnaient avec justesse et pertinence leur patients, en basant leurs traitements sur les lois naturelles qui dirigent le vivant.

«  La vie humaine est soumise à des lois de constitution et d’évolution qui règlent la conduite des énergies spirituelles, vitales, et matérielles, ainsi que l’orientation des adaptations de l’homme et de ses groupements.

Quand ces lois sont correctement appliquées, l’individu et la collectivité vivent en état de bonne santé et d’harmonie. Le bien-être, la joie et la paix règnent dans l’organisme et dans la société.

Chaque fois que ces lois sont transgressées, un malaise avertisseur et sanctionnateur se produit, qui incite l’individu ou la collectivité à réfléchir et à corriger leur orientation. Si cet avertissement reste incompris ou inécouté, la persistance et l’accumulation des fautes créent des affaiblissements de résistance de l’unité individuelle ou sociale. Alors, se produisent des altérations du terrain organique ou racial qui conduisent à l’éclosion de sanctions et de redressements majeurs, qui s’appellent les maladies individuelles (dyscrasies, infections, dégénérescences) ou fléaux collectifs (famines, épidémies, guerres, révolutions).

Il ne peut exister de conception logique des états de santé et de maladie, si l’on ne s’élève pas jusqu’à ces principes généraux, si l’on ne remonte pas jusqu’à ces toutes premières causes de détermination.

On conçoit alors aisément que l’oeuvre médicale qui se contente de rechercher et de traiter les causes toutes dernières des maladies, et dans l’ordre matériel seulement (froid, humidité, microbes, organopathies antérieures etc.), n’aboutissent qu’à l’instauration de mesures thérapeutiques bornées, fausses et inefficace, parce qu’elles combattent des influences uniquement prédisposantes et fort peu déterminantes, et parce qu’elles cherchent enfin à obtenir surtout des immunités artificielles, au lieu de créer des renforcements des immunités naturelles.

Il ne saurait donc exister de médecine logique et utile, répétons-le, sans connaissance de ces causes lointaines, mais réelles, de la santé et de la maladie.

Une tradition médicale existe, fondée sur l’oeuvre d’Hippocrate, qui s’est toujours attaché à étudier et à traiter l’homme selon ses nécessités d’ordre universel et naturel. De nos jours, il faut, pour rénover l’art médical et pour sortir la médecine de l’ornière matérialiste, reprendre les enseignements des générations passées, les joindre aux découvertes scientifiques et empiriques modernes, de façon à les accorder et à les synthétiser sous cette même idée directrice d’obéissance aux lois divines et naturelles. Alors, seulement, la médecine pourra être rénovée et reprendre son rôle salutaire, parce qu’elle possèdera un programme de vie saine et une méthode de thérapeutique sensée, parce qu’elle offrira aux hommes une compréhension plus exacte et meilleure de leurs devoirs et de leur destinée et enfin parce qu’elle procurera aussi plus de santé et de bonheur.

Si cette orientation naturiste pouvait s’accomplir, on serait délivré du règne des théoriciens et des rhéteurs, on verrait la fin des fléaux dominants de l’alcoolisme et de l’irréligion et on serait débarassé de la médecine purement pharmaceutique et symptomatique. Puisse le Ciel nous aider à faire suivre cette voie droite et à répandre plus de vérité, afin que l’humanité cesse de se martyriser de souffrances incessantes et se dirige enfin vers un avenir de lumière, de vigueur et de bonté ! » Dr Paul Carton 

 

Le chemin continue, à vélo, en pleine conscience, en pratiquant la moxibustion japonaise, dans une démarche hygiéniste.

Un beau programme !

Gaëtan